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Le petit théatre de l'entreprise

Certains aiment à représenter l’entreprise, ou le cadre professionnel qui les accueille tous les jours ouvrables, comme une seconde famille, un lieu de reconnaissance sociale et d’épanouissement, un lieu d’évasion, ou encore une prison, un bagne, et que sais-je encore !

guignolPersonnellement, je me représente plus volontiers l’entreprise comme un théâtre : un décor où se jouent des scènes tantôt drôles, tantôt dramatiques, tantôt terriblement ennuyeuses ; des scènes dont le scénario nous échappe ou nous dépasse parfois ; des scènes ou nous nous plaisons à apparaître sous un masque d’ombre ou de lumière, parfois très éloigné de notre vrai visage ; des scènes enfin que nous jouons plus ou moins juste.

Il en est de l’entreprise comme d’un théâtre : son succès dépend de la qualité des pièces qui y sont montrées, de la qualité des scénarios proposés, du talent des metteurs en scène, de leur capacité à diriger les comédiens, à comprendre leur psychologie, de la qualité même du jeu des acteurs, de leur capacité à improviser, de l’alchimie qui se fait entre eux, de l’éclairage, de l’acoustique... et de l’humeur des spectateurs !

Cette prise de conscience doit nous permettre de prendre plus de recul par rapport à la réalité de l’entreprise, par rapport à ce qui nous émeut, nous agace, nous implique ou nous fait fuir.

En écho à l’écriture et à la mise en scène de sketchs que je propose à mes clients, pour permettre la prise de conscience et provoquer le changement par le rire (voir la Théâtralisation de la réalité de l’entreprise dans Mes Solutions), je propose dans cette section de mon site de vous faire le récit de scènes vues ou entendues, scènes auxquelles ils nous est donné d’assister tous les jours en tant qu’acteur ou simple spectateur, dans le monde du travail.

Avec pour principal ressort l’humour et le rire, mais aussi parfois la dramaturgie, ces récits nous interrogent sur le sens de ce à quoi nous assistons, nous incitent à prendre conscience de notre propre responsabilité, nous encouragent à oser changer ce qui peut l’être !

A la lecture de chaque nouvelle histoire, et en vous rappelant toujours « combien il est plus aisé de critiquer que d’avoir raison.» (Benjamin Disraeli), amusez-vous à vous demander : aurais-je écris le même scénario ; à sa place aurais-eu la même attitude ; quelles autres paroles prononcer ; n’y a t-il pas plusieurs autres voies et moyens d’agir ; aurais-je su les emprunter ?

Bienvenue dans le petit théâtre de l’entreprise !



Tais-toi et nage !

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« Il était une fois...

Un dirigeant d’un grand groupe s’entretient avec l’un de « ses » directeurs.

Il est question d’un des nombreux projets du groupe. Le directeur et le dirigeant ne sont pas d’accord sur la stratégie à mettre en place. Le dirigeant s’agace devant la « résistance » de son adjoint. Ce dernier ne lâche pas prise et insiste lourdement. Il croit profondément qu’il ne faut pas aller dans le sens voulu par le dirigeant. Il ne cède pas à la tentative de son patron de lui faire dire qu’il adhère au projet. Le ton monte. La rencontre s’achève froidement. Rien de déterminant ne s’est joué ; aucune décision n’a été prise ; la rencontre se résume en une tentative de persuasion de l’un par l’autre et vis et versa. Le patron garde naturellement la main et a toute liberté pour mettre en œuvre son projet quel que soit l’avis du directeur.
Et pourtant...

 

Read More Dans les minutes qui suivent, le temps de redescendre deux étages, le directeur conscient de la sorte de rage qui habitait son patron au terme de l’échange passe devant le bureau de son collègue DRH et lui raconte qu’il a eu un échange un peu « chaud » avec le grand patron et que peut-être « j’y suis allé un peu fort !»
Effectivement lui répond son collègue DRH, le grand patron vient d’appeler, « il ne veut plus te revoir et exige que tu aies quitté les lieux dans la journée ».
Le directeur est proprement viré !
Son crime ? Avoir osé un avis différent de son patron et avoir tenu bon, sans se résoudre à dire oui à un projet avec lequel il n’était pas en accord.
Autant dire pire que d’avoir piqué dans la caisse...»

Et vous qu’auriez-vous fait à la place des trois acteurs de cette histoire ?


La recherche d’adhésion aux projets de l’entreprise par les cadres supérieurs, témoin apparent de la compréhension par eux de la stratégie, et utile à la réalisation et à la réussite des projets, devient parfois synonyme d’allégeance à la pensée unique du grand patron.
La désormais « sacro sainte » adhésion se transforme alors une arme de destruction massive et d’asservissement de ces mêmes cadres qui n’ont plus le droit d’opposer la moindre contradiction, sauf à paraître, au mieux imbécile (« il ne comprennent rien »), et au pire dangereux au système (« qu’on me vire ce gars là»).
Est-il vraiment nécessaire que tout le monde adhère ? N’y a-t-il pas derrière cette exigence une croyance erronée, contreproductive, et dangereuse ? Comment oser ne pas adhérer ?

« Nous devons refuser de nous laisser emporter par le courant. Un homme qui se noie ne peut pas sauver les autres. » (Gandhi)