Ouvrir de nouveaux espaces c’est libérer un accès, ouvrir une porte ; c’est expérimenter quelque chose d’autre que ce que l’on connaît déjà. Ouvrir de nouveaux espaces, c’est dépasser notre peur de l’inconnu, changer nos habitudes et en particulier nos habitudes mentales.
Ouvrir de nouveaux espace, c’est oser explorer d’autres voies, d’autres manières de faire que celles que nos conditionnements, nos prédicats éducatifs et nos croyances nous ont jusqu’alors autorisées.
Ouvrir de nouveaux espaces c’est oser regarder le monde non pas tel que nous le voyons, c'est-à-dire tel que nous sommes, mais tel qu’il est. C’est accéder une vision plus large, à une perception plus subtile, c’est s’abandonner à ce qui est sans vouloir nécessairement tout maîtriser ou tout contrôler : c’est lâcher prise !
Pourquoi faire ?
Pour sortir de situations bloquantes bien sûr, pour résoudre une crise, pour apaiser le climat social, pour faciliter les relations au sein d’une équipe, pour améliorer son efficacité propre, se dépasser, pour faire progresser ses adjoints, pour améliorer l’efficacité collective et la performance, pour permettre à l’entreprise de se réformer … et tout simplement, peut-être, pour vivre mieux.
Car vivre, c’est aussi changer !
En règle générale quand un acteur du monde du travail se trouve confronté à une situation problématique nouvelle, il tend à la résoudre en appliquant des méthodes déjà utilisées par le passé et qui ont «fait leur preuve» ; plus prosaïquement il met en œuvre ce qu’il a appris, ce qu’il sait ou croit savoir, ou ce que tel ou tel patron ou alter ego lui recommande de faire.
Fort de notre expérience et de notre savoir, nous appliquons ainsi systématiquement à une situation inconnue un modèle de résolution connu. Nous collons du connu sur de l’inconnu.
Souvent cela marche, parfois très bien, parfois plus difficilement ; néanmoins, en forçant un peu, nous parvenons dans cette hypothèse à faire coller notre scénario à la réalité (à moins que ce ne soit l’inverse), avec quelques effets collatéraux que nous prenons soin de minimiser ou d’ignorer.
Mais souvent aussi, cela se révèle totalement inefficace ou contreproductif. Et nous restons impuissants devant la résistance de ces gens qui ne veulent pas adhérer, de ces personnes qui ne comprennent rien, de ce «système» émanant de l'on ne sait quel pouvoir divin et dont la force d’inertie défie toutes les lois universelles …
Souvent j’interroge mes clients sur les scénarios de résolution possible de leurs problèmes. Je suis frappée de la frilosité de leur réponse. C’est comme s’ils n’avaient jamais qu’une alternative offerte. Parfois même leur choix cornélien réside entre la peste et le choléra. «Souvent au moindre écueil nous rétrécissons notre vision» remarque le Dalaï-Lama.
Alors je leur demande d’imaginer qu’aucune des deux solutions imaginées n’est permise. Que peuvent-ils faire d’autre ? N’y a t-il pas d’autres issues possibles ?
Je leur suggère aussi de regarder autrement la situation, de dé focaliser, de se demander, si problème il y a (y-t-il seulement problème ?), de quelle nature il est et pourquoi il se présente à eux, maintenant et sous cette forme.
C’est à une véritable re création que je les invite ainsi : oser de nouvelles façons d’agir, oser confronter leurs peurs, imprimer une vision nouvelle, optimiste, sortir du carcan des habitudes, oser vivre le changement.
Et peu à peu de nouveaux possibles apparaissent, des idées nouvelles sont émises, des freins sont levés, et d’autres voies sont explorées qui mènent au dénouement de la situation et qui permettent de retrouver du sens.
C’est cela ouvrir de nouveaux espaces !
« Quand nous nous ouvrons, le monde s’ouvre » (Ernst Jünger)



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