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Tais-toi et nage !

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« Il était une fois...

Un dirigeant d’un grand groupe s’entretient avec l’un de « ses » directeurs.

Il est question d’un des nombreux projets du groupe. Le directeur et le dirigeant ne sont pas d’accord sur la stratégie à mettre en place. Le dirigeant s’agace devant la « résistance » de son adjoint. Ce dernier ne lâche pas prise et insiste lourdement. Il croit profondément qu’il ne faut pas aller dans le sens voulu par le dirigeant. Il ne cède pas à la tentative de son patron de lui faire dire qu’il adhère au projet. Le ton monte. La rencontre s’achève froidement. Rien de déterminant ne s’est joué ; aucune décision n’a été prise ; la rencontre se résume en une tentative de persuasion de l’un par l’autre et vis et versa. Le patron garde naturellement la main et a toute liberté pour mettre en œuvre son projet quel que soit l’avis du directeur.
Et pourtant...

 

Read More Dans les minutes qui suivent, le temps de redescendre deux étages, le directeur conscient de la sorte de rage qui habitait son patron au terme de l’échange passe devant le bureau de son collègue DRH et lui raconte qu’il a eu un échange un peu « chaud » avec le grand patron et que peut-être « j’y suis allé un peu fort !»
Effectivement lui répond son collègue DRH, le grand patron vient d’appeler, « il ne veut plus te revoir et exige que tu aies quitté les lieux dans la journée ».
Le directeur est proprement viré !
Son crime ? Avoir osé un avis différent de son patron et avoir tenu bon, sans se résoudre à dire oui à un projet avec lequel il n’était pas en accord.
Autant dire pire que d’avoir piqué dans la caisse...»

Et vous qu’auriez-vous fait à la place des trois acteurs de cette histoire ?


La recherche d’adhésion aux projets de l’entreprise par les cadres supérieurs, témoin apparent de la compréhension par eux de la stratégie, et utile à la réalisation et à la réussite des projets, devient parfois synonyme d’allégeance à la pensée unique du grand patron.
La désormais « sacro sainte » adhésion se transforme alors une arme de destruction massive et d’asservissement de ces mêmes cadres qui n’ont plus le droit d’opposer la moindre contradiction, sauf à paraître, au mieux imbécile (« il ne comprennent rien »), et au pire dangereux au système (« qu’on me vire ce gars là»).
Est-il vraiment nécessaire que tout le monde adhère ? N’y a-t-il pas derrière cette exigence une croyance erronée, contreproductive, et dangereuse ? Comment oser ne pas adhérer ?

« Nous devons refuser de nous laisser emporter par le courant. Un homme qui se noie ne peut pas sauver les autres. » (Gandhi)